Blackface

Blackface

Blackface se dit de tout spectacle ou déguisement bouffon et raciste à travers lequel les Africains sont mis en scène de manière caricaturale et négative par des Occidentaux, afro-descendants ou non.

Au départ, l’effet comique est censé résulter du simple fait qu’un « blanc » soit grimé en « noir » : peau très foncée, chevelure afro, grosses lèvres, yeux exorbités. Il existe toutes sortes de variantes où des Africains ou Afro-descendants s’évertuent à se moquer des « noirs » pour amuser les « blancs ».

Le principe initial est de se noircir la face, de prendre un supposé « accent », et d’écorcher la langue en parlant « petit nègre ». Le clown blackface est supposé stupide (mais  malin comme un singe bien entendu) ignorant, paresseux,  gourmand (raffolant de pastèques et de cuisses de poulet dans la version américaine) menteur, voleur, extrêmement lâche, violent, et obsédé par le sexe.

L’habitude de se divertir en se moquant des Africains – notamment dans des spectacles – remonterait aux premières razzias opérées par les Portugais vers 1440.

Le Blackface s’est développé sur les scènes des États-Unis au cours du XVIIIe siècle, à la manière d’un numéro isolé servant d’intermède.

C’est surtçut l’acteur Thomas Rice qui l’a rendu populaire au début du siècle suivant sous la forme du personnage qu’il incarnait : « Daddy Jim Crow »

 

Thomas-D-Rice-1832

 

Les comédiens pratiquant le blackface incarnaient également des femmes : obèses et en proie à d’incontrôlables pulsions sexuelles.

Au milieu du 19e siècle le blackface devient un genre à part entière dans le cadre des minstrel shows.

Quelques décennies plus tard, des Afro-Américains reprendront à leur compte les minstrels shows pour pratiquer l’auto-dérision.

Le blackface se perpétue aujourd’hui à travers les séries (notamment américaines où les ados afro et obèses roulent des yeux) les films (où les Africains, joués ou nom par des Antillais ou des Africains) sont caricaturaux, les spectacles comiques ou  des fantaisistes se moquent des Africains (ainsi Michel Leeb ou Annie Cordy) – y compris où des Africains ou Afro-descendants « civilisés » se moquent des « noirs », les déguisements populaires mis dans le commerce par certains fabricants (perruques afro, os dans le nez etc) et les fêtes à thème « blackface », très en vogue dans les milieux de jeunes bourgeois parisiens des années 2010, ainsi que l’a révélé le scandale causé par Jeanne Deroo, une journaliste du magazine féminin Elle s’exhibant en blackface lors d’une fête.

Les Français, trs inventifs en la matière, se sont illustrés récemment dans une forme de blackface « bien pensant » censé dénoncer le racisme: ainsi le film Agathe Cléry d’Etienne Chatilliez (2008)

Le comédien Fabrice Eboué est devenu le grand spécialiste du blackface français.

Des Africains et des Afro-descendants ont tenté, plus ou moins consciemment, de subvertir la pratique du blackface en le retournant contre les Occidentaux.

Inutile d’insister sur la violence  des réactions- facilement observable à travers de récents exemples contemporains – lorsque sont mises en cause les valeurs que les Européens affectent – parfois avec hypocrisie – de considérer comme sacrées (notamment la réprobation de l’homophobie et de l’antisémitisme).

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