Marcus Garvey

Marcus Garvey

Marcus Garvey est né en Jamaïque en 1887. Ouvrier imprimeur, il devient syndicaliste et consacre sa vie à oeuvrer pour l’émancipation et l’union de la diaspora africaine.

Après avoir voyagé en Europe, Garvey arrive aux États-Unis en 1916 et fonde l’UNIA (United Negro Improvement Association, association d’union pour l’amélioration de la condition nègre) qui parviendra à toucher 300 000 sympathisants dans l’ensemble du pays.

Ne croyant pas à l’intégration des descendants des Africains déportés, Garvey, radicalement opposé aux partisans de l’intégration, dont le chef de file est W.E.B. Du Bois,  prône le retour en Afrique et notamment au Liberia, colonisé en 1821 pour accueillir les esclaves américains libérés.

Favorable aux révolutionnaires  européens de son époque, Garvey se distingue cependant en refusant que les différences de « race » passent après les différences de classe.

En 1919, Garvey fonde la Black Star Line, une compagnie maritime que finance une souscription lancée auprès des Afro-Américains. Le but est de les transporter, eux et les Antillais, en Afrique.

La Black Star Line s’inscrit dans une entreprise plus globale visant à établir un réseau économique et industriel propre à la communauté afro-américaine qui permettra de financer le retour en Afrique.

L’entreprise se limitera à quelques usines et surtout au journal The Negro World qui aura assez de retentissement pour être interdit dans la plupart des pays colonisateurs.

Les difficultés financières de la Black Star Line, en 1922, vont mettre un terme à la carrière de Garvey qui, accusé d’escroquerie, est écroué à Atlanta en 1925 et expulsé des États-Unis deux ans lus tard.

Après avoir tenté de relancer son mouvement -non sans un certain succès – en Jamaïque, Garvey s’installe en Angleterre en 1935 et il y meurt en 1940.

Garvey a eu une grande influence sur le mouvement rasta de Jamaïque qui a surtout retenu ses références à l’Éthiopie.

Les limites de Garvey sont d’avoir prôné, sur le modèle sioniste, un retour colonial dans une Afrique qu’il ne connaissait pas et de n’avoir pas su dépasser l’idée de race (d’où certaines accusations – parfois fondées – de rapprochement avec les fascistes européens ou le Ku Klux Klan qui, au fond, se serait accommodé d’un départ de tous les Afro-Américains).

Mais l’intérêt de la démarche de Garvey est d’avoir compris que le discours de gauche, notamment marxiste, était loin d’être clair sur la question du racisme, d’avoir cerné l’unité historique des diasporas antillaise et afro-américaine, liées par l’expérience de la déportation esclavagiste, et surtout d’avoir entrevu que cette diaspora pouvait constituer une force économique autant que politique.

 

2 réactions au sujet de « Marcus Garvey »

  1. La position de Garvey était parfaitement compréhensible dans le contexte de l’époque.

    Le retour massif vers le continent Mère est non seulement impossible aujourd’hui mais serait également un trop grand cadeau fait aux descendants des maîtres-esclavagistes et aux économies occidentales qui ont tiré profit durant des siècles du méga-crime contre l’Humanité.

    Non, en ce 21e siècle il nous faut construire une nouvelle donne composée entre autres des enseignements des Marcus Garvey, Web Dubois, Joseph Ignace, Marcel Manville, Thomas Sankara, Che Guevara, Fidel Castro, Um Nyobé et plus près de nous Elie Domota.

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