Les Grecs et les Romains, racistes?

Les Grecs et les Romains, racistes?

Les Grecs et les Romains, racistes ? L’imputation de préjugés racistes à l’antiquité gréco-romaine n’est qu’une projection des préjugés contemporains sur l’Antiquité.

S’il ne fait aucun doute que les Grecs étaient nationalistes et avaient une haute opinion de leur civilisation et surtout de leur langue (le « barbare » étant au sens étymologique celui qui en ignorait tout) il n’y a aucune trace, absolument aucune, de racisme ou de négrophobie dans la Grèce antique. Il n’y a pas de mot en grec pour désigner les « noirs ». On parle d’Éthiopiens (Aithi-Ops, les gens au visage hâlé par le soleil).

Si les Grecs et les Romains étaient par ailleurs esclavagistes, il est certain que, pour eux, les Africains n’avaient pas pour vocation d’être mis en esclavage (ce qui est le fondement du racisme).

Comme l’a bien montré Martin Bernal, dans Black Athena, un ouvrage fondamental qui a fait de lui un pestiféré des universités occidentales, les racines de la civilisation grecques étaient égyptiennes, c’est-à-dire africaines (Bernal supposant acquis le travail de Cheikh Anta Diop).

Il n’y avait en conséquence aucune raison, pour les Grecs, d’être négrophobes.

Bien sûr, les Grecs étaient esclavagistes, mais cela n’avait rien à voir avec un racisme quelconque et l’esclavage antique ne pouvait être comparé à l’esclavage raciste d’État qu’eurent à subir les Africains de la part des Européens à partir du 15e siècle.

Ce qui est vrai pour les Grecs l’est également pour les Romains (la civilisation grecque étant pour les Romains une référence).

On pourrait ajouter, en ce qui concerne les Romains, que leur politique de conquête les avaient en outre familiarisés avec le continent africain et qu’ils étaient habitués à voir des gens de toutes origines.

Sans doute est-il nécessaire de souligner que les Grecs et les Romains sont des peuples méditerranéens à la peau brune dont le phénotype n’avait rien à voir avec celui des Suédois ni des Allemands de l’époque (les Germains).

Il n’y a pas de trace de négrophobie dans la littérature latine.

En 2006, Benjamin Isaac, professeur à l’université de Tel Aviv, a publié un livre sous le titre The Invention of Racism in Classical Antiquity (Princeton University Press), L’invention du racisme dans l’antiquité classique.

Ce travail démontre plutôt que les Grecs, comme les Romains étaient fiers de leur civilisation et nationalistes. Ce que Isaac appelle dans son livre « proto-racisme » est bien plutôt une proto-xénophobie. Ce qui est intéressant dans cet ouvrage, c’est que l’auteur, en dépit de ses recherches, n’a pas été en mesure de citer la moindre trace de négrophobie dans ces cultures qui ont longtemps servi de référence au monde occidental.

Voici d’ailleurs ce que dit l’auteur à ce propos (pp 49-50 de l’édition américaine) :

« Une omission que de nombreux lecteurs considèreront comme extravagante [dans mon ouvrage], c’est l’étude systématique des attitudes envers les Africains noirs. Beaucoup a été dit et beaucoup reste à dire à propos des noirs dans le monde antique, mais la présente étude n’est pas le bon endroit pour le faire, parce qu’ils n’étaient pas très nombreux dans le monde gréco-romain. Les noirs attiraient l’attention, mais peu d’entre eux habitaient en Grèce ni à Rome et aucun pays habité par les noirs ne fit jamais partie de l’empire grec ni romain. Les Éthiopiens sont mentionnés plutôt fréquemment dans certaines sources, mais généralement comme représentant des peuples vivant aux confins du monde. Ils étaient présents dans l’Athènes du Ve siècle (avant J.C.) mais comme un type d’esclave rare et cher qui rehaussait le statut du propriétaire. Ce qui confirme l’impression que leur impact dans la conscience sociale de l’Athènes du Ve siècle était très limité. J’ai donc exclu les Éthiopiens de mon étude systématique parce que pour certains auteurs, ils sont clairement mythiques et que cette étude ne traite que  des peuples dont les Grecs et les Romains avaient l’expérience. L’idée que l’on avait des Éthiopiens (c’est-à-dire des noirs) dans l’Antiquité et l’attitude que l’on avait à leur égard sera mentionnée et discutée là où elles nous renseignent sur ce que pensaient les Grecs et les Romains de la cause des différences physiques entre les peuples. »

Isaac est bien obligé de reconnaître (implicitement) qu’il n’y a pas d’autre mot qu’ « Éthiopien » pour désigner les « noirs ». Il affirme à tort (et sans pouvoir produire la moindre source) que les seuls Éthiopiens vivant à Athènes au Ve siècle étaient esclaves. Et il exclut l’Égypte des colonies gréco-romaines « noires », comme si l’Égypte et l’Afrique du Nord n’avaient été peuplées à l’époque que de « blancs », ce qui est conforme aux préjugés occidentaux.

En fait, les « noirs » n’étaient pas aux confins du monde pour les Grecs et les Romains. Ils étaient, à cause de l’influence de l’Égypte, à l’origine même de leur civilisation.

 

 

3 réactions au sujet de « Les Grecs et les Romains, racistes? »

  1. Le racisme a vraiment des racines européennes, débutant dans l’esprit de leurs élites dès le commencement du commerce triangulaire de la traité des noirs en passant ensuite par la colonisation et son corollaire d’évangélisation, de zoo humains etc

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