Alain Huyghues Despointes

Alain Huyghues Despointes

Alain Huyghues Despointes, directeur d’une entreprise agro-alimentaire de la Martinique employant 600 salariés, a fait scandale en exprimant publiquement sa pensée dans un documentaire consacré aux Békés et diffusé par la chaîne française M6 pendant la grève de l’hiver 2009.

M. Huyghues Despointes, descendant d’une famille esclavagiste de la Martinique installée dans l’île dès le 17e siècle, a exprimé avec franchise le fond de sa pensée en expliquant que l’esclavage n’avait pas que des mauvais côtés et en faisant l’apologie de l’eugénisme Béké qui consiste à éviter les mélanges selon lui inesthétiques avec les « noirs » pour préserver la « race ».

Poursuivi devant les tribunaux pur apologie de crime contre l’humanité, M. Huyghues Despointes a été condamné en première instance et en appel, mais la cour de Cassation lui a finalement annulé les sanctions, dans un jugement de 2013.

Même si les propos de M. Huyghues Despointes n’engagent pas forcément tous les Békés de la Martinique, cette affaire en dit long sur le climat qui règne dans cette île.

La décision de la cour de Cassation met en évidence l’inadaptation de la législation française pour sanctionner ce type de propos.

le 20 janvier 2015, le LKP a écrit à ce sujet au président de la République

Monsieur François HOLLANDE,

Président de la République Française

Objet : Faire l’Apologie de l’esclavage n’est pas condamnable par la loi française.

Monsieur Le Président de la République,

Un débat sur la liberté d’expression et le droit au blasphème agite la société française actuellement. Permettez moi de vous adresser ces quelques remarques, considérant le contenu répété de vos discours, et des membres de votre gouvernement, sur le vivre ensemble.

Vous le savez, l’esclavage et la traite négrière sont, depuis la loi TAUBIRA du 21 Mai 2001,reconnus comme crime contre l’humanité.

En 2009, M. DESPOINTES, béké Martiniquais, descendant de propriétaire d’esclaves, tenait les propos suivants sur canal+ :

«Dans les familles métissées, les enfants sont de couleurs différentes, il n’y a pasd’harmonie. Moi, je ne trouve pas ça bien. Nous (ndlr: les Békés), on a voulu préserver la race.» «Les historiens ne parlent que des aspects négatifs de l’esclavage et c’est regrettable» ……« les bons côtés de l’esclavage et les colons qui étaient très humains aec leurs esclaves, qui les ont affranchis et qui leur donnaient la possibilité d’avoir un métier ».

Ces propos ont déclenché la colère de milliers de Martiniquais et de descendants d’esclaves de par le monde. La classe politique en France a unanimement condamné de telles paroles et le parquet de Fort de France s’est saisi de ce dossier.

Ce « Monsieur de la Martinique » a donc été condamné en première instance et en appel par les tribunaux martiniquais.

Comme le permet la loi, il a fait un recours devant la cour de cassation et là : l’arrêt de la cour d’appel de Fort de France est cassé dans une décision du 5 février 2013. La

Cour de Cassation considère que la loi sur la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité ne comporte aucune disposition répressive. Ce n’est qu’une loi mémorielle.

La chambre criminelle donne donc la permission de faire l’apologie de l’esclavage. Elle considère que la loi qui reconnait la traite négrière et l’esclavage comme étant un crime contre l’humanité, n’est pas une loi normative qui peut servir de fondement légal à une poursuite pour apologie.

Dès lors, « Vanter les bons côtés de l’esclavage » ; « Dire et écrire que l’esclavage et la traite négrière était une bonne chose pour les nègres » ; « Célébrer et commémorer les esclavagistes » ; « Dire que la liberté est un plat pour lequel l’estomac des nègres n’est pas préparé » : etc………. ne sont pas passibles ni de poursuites ni de condamnations.

Nous sommes dans la même situation, après l’abolition de l’esclavage, qui a guidé à la promulgation de la loi d’indemnisation des colons de 1849, texte jamais abrogé d’ailleurs.

Rappelez-vous : ce sont les esclavagistes « spoliés » pour avoir perdu leur cheptel de nègres qui ont été indemnisés et non les esclaves. Au regard de ces textes, l’esclavage était donc une bonne chose !

Pas étonnant que notre « droit à réparation » soit cantonnée à la mémoire (genre Mémorial Acte) et les indemnisations, les terres et les autres richesses dévolues aux esclavagistes et à leurs descendants.

Pas étonnant non plus que même la stèle érigée en « mémoire » des esclaves à Nantes soit profanée.

Nous sommes dans une légitimation du droit à l’insulte et de l’apologie de l’esclavage et de la traite négrière pourtant reconnus crime contre l’humanité.

Alors, Monsieur le Président de la République Française,

 Que comptez-vous faire pour rendre justice à ces milliers de descendants d’esclaves insultés et méprisés et mettre fin à la permission de faire l’apologie de l’esclavage offerte par la loi en France ?

 Que comptez-vous faire pour mettre fin à ces provocations et insultes qui font l’apologie de l’esclavage et cela au moment même où des nostalgiques de la société de plantation veulent célébrer les premiers colons blancs génocidaires et esclavagistes arrivés en 1635, en Guadeloupe ?

 Que comptez-vous faire pour mettre fin à ces insultes qui font l’apologie de l’esclavage et de la traite négrière au moment même où chacun parle du vivre ensemble ?

Recevez, Monsieur le Président de la République, l’expression de nos salutations les meilleures.

Pour LIYANNAJ KONT PWOFITASYON

Le Porte-parole,

E.DOMOTA

 

On a voulu préserver la « race »

Huyghues Despointes explique la politique d’eugénisme des Békés

5 réactions au sujet de « Alain Huyghues Despointes »

  1. Que très certainement, les premiers colons français aient eu des rapports avec les Amérindiennes des PCI (Petite Caraïbes Insulaires), ce n’est pas ce qui importe. La race humaine étant unique et monogénétiquement africaine, le croisement de deux êtres humains n’est pas un « métissage » à proprement parler. C’est le dernier quart du 20ème siècle qui a définitivement réglé son compte au racisme, d’abord par les fouilles anthropologiques, puis par la génétique. Les premiers migrants africains qui sont partis vers l’Est (Inde, îles Andémans, Insulinde, Papouasie, Australie et Océanie), demeurant sous les Tropiques, n’ont pas subi grandes modifications de leur peau ou de leur faciès, si l’on excepte le fait qu’ils se soient « mélangés » biologiquement plus tard à des migrations venues du Nord en Inde (pour les « leucodermes », ce qui a donné les Dravidiens) et en Indonésie. En revanche, tous ceux qui opté pour d’autres latitudes nordiques en Eurasie — par le Proche-Orient, les détroits de Gibraltar ou de Messine — se sont non seulement « démélanisés » (peau, cheveux, yeux) par insuffisance de soleil, mais encore ont perdu quelque aptitude à mieux gérer l’espace (cf. danse) du fait d’une dizaine de millénaires sous plusieurs périodes glaciaires. L’espèce humaine, à l’instar de la race canine, mais en moins accéléré, varie individuellement et collectivement de 10 à 15 %. Tous les chiens et les loups de la terre peuvent se croiser car ils n’ont jamais été « éloignés assez longtemps » comme ce fut le cas pour l’âne et le cheval ! C’est pourquoi, unicité et diversité s’appliquant également à la race humaine, des frères et des soeurs ne se ressemblent pas complètement au niveau des « dons » innés, voire morphologiquement, etc… etc… La Caraïbe esclavagiste, insulaire et continentale, qui a vu confluer — en raccourci — toutes les « variantes » humaines, nous donne une infinité de phénotypes et de lexiques racistes dont il faut se débarrasser (cf. antillais, créole, chabin, mulâtre, zendyen, quarteron, « bata », etc.). Je suis guadeloupéen, point-barre et je me moque de ce que pensent des idéologues d’Etat, des Békés « martiniquais » ou des Blancs-Créoles de Guadeloupe, en attendant patiemment que ces derniers finissent par se déclarer eux mêmes identiques à ce que je suis.

  2. Ils en sont restés à l’enseignement des XVII ème et XVIII ème siècles. De nombreuses personnes, partout dans le monde , n’ont pas encore compris à quel point ils sont en retard sur les connaissances scientifiques. Seuls les universitaires honnêtes font parfois un effort conséquent pour évoluer vers la vérité. La France est bien loin d’être instruite. Les déclarations et comportements de nombre de ses responsables – et pas des moindres – en témoignent. La France est confortablement installée dans un esprit raciste qui semble lui convenir.

  3. Que font Hollande, Ayrault, Taubira ?

    Un des nombreux cas de racisme négrophobe que tous les gouvernements feignent d’ignorer, y compris celui de la ministre de la Justice qui n’a ni poursuivi, ni fait changer la loi ni simplement fait appliquer la loi comme elle s’applique quand il s’agit de propos antisémites.

  4. Dans un livre intitulé « Le dernier des Kalinagos de Jonnacaire », un roman retraçant la fin héroïque des derniers Amérindiens de la Martinique, il est expliqué comment l’un des tout premiers membres de l’une de ces familles recomposées de flibustiers français à été pris en otage par des guerriers amérindiens.
    Le roman présente de manière historique les premiers contacts entre Amérindiens et Européens.
    La situation sexuelle très difficile des premiers flibustiers dont est descendant M. Despointes les a contraints à prendre des femmes amérindiennes.
    D’où un premier métissage entre eux et les Amérindiens.
    Ainsi l’histoire réelle de ces premiers immigrants montre qu’il y a eu métissage et dément les propos affirmatifs de ce descendant qui n’a, en fait de pureté ethnique , très certainement que son nom …

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