M. Hollande avait promis de supprimer le mot race de la Constitution

M. Hollande avait promis de supprimer le mot race de la Constitution

Dans le cadre de sa campagne électorale, en mars 2012, François Hollande a juré, devant les représentants de l’Outre-mer réunis à Paris qu’il supprimerait le mot « race » de la Constitution dès le lendemain de son élection.

Cette promesse, qui reprenait une proposition socialiste de 2003 repoussée au parlement par la droite, lui a valu d’être littéralement plébiscité au Antilles.

Deux ans après l’élection, la promesse n’était toujours pas tenue.

La renonciation au retrait du mot race de la constitution pourrait être interprétée comme un acte de mépris vis à vis de l’Outre-mer mais aussi comme un recul sur le terrain des valeurs fondamentales et symboliques, qui ouvrirait la voie à des excès bien pires encore que ceux dont a été victime Christiane Taubira.

La réflexion sur le racisme français s’enrichirait en recensant les intellectuels et politiques qui s’opposent au retrait du mot « race » et en analysant les raisons qu’ils invoquent, révélatrices de celles qu’ils ne peuvent invoquer.

Le sophisme très pauvre généralement utilisé par la droite et l’extrême-droite pour s’opposer au retrait de ce mot est que le retrait du mot « race » ne supprimera pas le racisme, ou bien encore que sans l’inscription du mot dans la constitution, la chose ne pourrait pas être combattue.

En cela, ils admettent implicitement leur croyance à la « race ».

François Hollande s’est abstenu de tenir sa promesse, alors qu’il avait, jusqu’en septembre 2014 (date de basculement à droite du Sénat) une majorité dans les deux assemblées qui lui aurait permis aisément de le faire.

Pourtant, le 10 mai 2013, les députés avaient tenté de lui forcer la main, en proposant le retrait du mot de l’ensemble de la législation française, sauf lorsqu’il est question d’animaux.

Après un vote favorable à l’assemblée, l’initiative avait été enterrée, faute d’être examinée par le Sénat.

Manuel Valls, premier ministre, s’est déclaré, le 10 mai 2015, favorable.

Le débat sur le retrait du mot « race » de la constitution a été relancé à l’automne 2015, suite aux propos tenus le 26 septembre 2015 par Nadine Morano sur la « race blanche » et aux vives réactions qui ont suivi.

Le 30 septembre 2015, le ministre des finances, Michel Sapin, s’est déclaré favorable au retrait du mot « race » de la constitution déclarant notamment sur France 2 :

« le mot de race aujourd’hui n’a absolument pas la même signification que celle qu’il pouvait avoir naguère »… « Aujourd’hui le mot race c’est le racisme et le racisme, ce n’est pas compatible avec la République. C’est pour cela que le terme de race blanche est un terme abominable, un terme totalement contradictoire avec les valeurs de la République »… « Il n’y a pas un Français qui peut se reconnaître, enfin je l’espère, dans le terme de race blanche ».

Le 30 septembre 2015, les députés Front de gauche et les sénateurs du groupe communiste, républicain et citoyen ont demandé au gouvernement d’inscrire le projet de retrait du mot « race » de la constitution à l’ordre du jour du Sénat.

La promesse (non tenue) de François Hollande en mars 2012.

Il n’y a pas de place dans la République pour la « race ».

Le raisonnement de Nicolas Sarkozy, en 2012, était difficile à suivre : le mot « race » devait être maintenu dans la constitution à cause de l’Holocauste, selon lui « la plus grande entreprise raciste que le monde ait connue ».

3 réactions au sujet de « M. Hollande avait promis de supprimer le mot race de la Constitution »

  1. Vraiment, il faut que le mot « race » soit supprimé de la constitution, vu les critiques provenant de personnes estimables à travers le monde.

  2. Ce qui m’interpelle dans cette affaire de mot « race » dans la Constitution » c’est la nature des motivations de ceux qui veulent l’y maintenir.

    Donc, allons à l’essentiel :

    1) Il y a des gens qui veulent l’enlever et on sait pourquoi : parce qu’ils pensent que les « races humaines » n’existent pas et que la science leur a donné raison depuis longtemps.

    2) Il y a des gens qui veulent maintenir coûte que coûte ce mot de race dans la Constitution française et l’on sait pourquoi : parce qu’ils sont accrochés à l’idéologie de la suprématie raciale blanche, même s’ils savent que la science a démontré qu’il n’y avait pas de race et encore moins de hiérarchie dans les groupes humains.

    Il faut de rendre à l’évidence : si François Hollande ne tient pas ses promesses, c’est qu’il croit à l’existence des races et défend mordicus le ou les groupes racistes qui y croient.

  3. A mon avis, l’action contre le racisme doit en priorité porter sur ce point. Car le « simple » fait d’enlever le mot race va changer beaucoup de choses.

    Cela va entraîner des discussions. Et ce sera une bonne tribune pour expliquer le racisme, ses conséquences.

    Une conséquence majeure ce sont les pertes en vie humaines, les crimes perpétrés dans ce cadre.

    Autre conséquence, la quantité d’énergie perdue :

    – par certains à tenter de démontrer l’infériorité de leurs concitoyens
    – par d’autres pour se défendre et démontrer qu’ils sont des hommes

    Cette énergie pourrait plutôt servir à construire un monde où l’on vivrait mieux ensemble.

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